Défi "confinés inspirés"

Défi J11 : Lettres de non-motivation ! (2/3)

Pas envie, pas motivé.e, pas intéressé.e… 
Le job ou l’invitation ne leur dit vraiment rien, alors merci… mais non merci !
Lisez les lettres de non-motivation de Margaux, Lise et Alain.


(Margaux)

Monsieur le Directeur des Ressources Humaines,

Je viens de recevoir votre lettre d’embauche bénévole pour aider en région parisienne les aides-soignantes débordées par le coronavirus.

Je vous sais gré Monsieur, de penser à moi qui ai travaillé dans plusieurs centres hospitaliers de Charente-Maritime. Je pense avoir les compétences requises pour ce poste, ayant effectué plusieurs postes très enrichissants au sein de l’hôpital.

En effet, j’ai travaillé parfois jusqu’à 13 jours à suivre, je connais donc l’épuisement du travail d’aide-soignante. J’ai aussi travaillé avec de la fièvre, pas en grande forme, pour ne pas déranger les plans de la chef qui donnait des plannings de dingue. Je connais la vie irrégulière, n’importe quel horaire, coupures, nuits, les jours fériés, les dimanches et jours de fête.

J’ai adoré. Mais détesté aussi quand l’organisation s’avérait mauvaise ou l’équipe nulle. J’ai travaillé dans un demi-service sans surveillante, seule aide-soignante avec les infirmières. J’ai été de nuit sur deux services de chirurgie. L’infirmière ne venant que pour les rondes. 

Je ne suis pas Mère Teresa mais les malades m’ont toujours appréciée et je leur rendais bien. Cela a toujours été le plus grand réconfort.
Lorsqu’il y a eu le sida, j’étais là aussi et au début, il y avait beaucoup de morts.
Lorsque parfois on me demandait de revenir sur mes repos, je revenais car il y avait des arrêts de maladie.

Bon, c’est dommage, je n’ai pas bénéficié de tous ces « mercis » adressés aujourd’hui aux héros des soins. Pourtant c’est sûr, cela fait chaud au cœur. Cependant cela serait mieux s’il y avait le matériel suffisant pour travailler. Comme d’hab, il faut travailler avec rien, économie, économie de bout de chandelles oui…

Je suis désolée, Monsieur, mais étant en retraite, j’ai toute quiétude pour choisir ce que l’on me propose et puis je ne voudrais pas de médaille à titre posthume. Malgré de nombreux fous-rires pour tempérer l’émotion dans ces services, je ne suis plus adhérente pour le moment. 

Maintenant, si j’ai envie d’une mission, je choisirai où et selon la mission, rémunérée autrement que par des applaudissements. Je n’ai d’ailleurs pas les moyens de partir en région parisienne.

Recevez mes profonds regrets pour votre demande un tantinet hypocrite et mes sentiments les meilleurs.  


Cher R. (Lise)

Nous nous connaissons depuis si longtemps, je dois t’avouer que je me suis demandé si ce message m’était vraiment destiné. Non mais franchement… « vous » ? tu me vouvoies maintenant ? C’est n’importe quoi ! Est-ce que je dois te rappeler depuis quand on se connaît ?  

Si tu as la mémoire courte, moi je peux te dire que je me souviens très bien ce que tu représentais pour moi quand j’étais enfant. J’adorais aller chez toi. On adorait tous aller chez toi ! On ne te trouvait ni particulièrement beau, ni particulièrement sympa, parfois un peu bizarre (surtout ton look, mais je ne pense pas que tu avais le choix), mais qu’est-ce qu’on s’amusait… 

A l’époque, je ne me demandais pas si ce lien perdurerait. Je ne m’interrogeais pas trop à ton sujet. Je me souviens avoir souvent réclamé à venir chez toi. Le déjeuner était le prétexte, bien sûr, mais tout le monde le sait : ce sont tes jouets qui nous intéressaient. Et comment résister ? Tu en avais sans arrêt des nouveaux !

Mais R., j’ai grandi. J’ai ouvert les yeux, tu m’as déçue. Beaucoup. Je ne crois pas toutes les horreurs que j’ai entendues à ton sujet, je sais que les gens en ont rajouté… c’est inévitable, tu fais des envieux. Mais toi et moi, on n’a pas les mêmes valeurs. C’est comme si nous ne vivions plus dans la même époque. Je sais que tu te donnes du mal, que tu aimerais que les gens te voient différemment. Mais de toi à moi : tous ces efforts que tu fais, ne sont-ils pas un peu superficiels ? Tu es peut-être sincère d’une certaine manière. Mais à mon avis (et je le pense depuis longtemps) tu es très mal entouré.

Alors non, je ne viendrai pas « comme je suis ». Parce que venir chez toi, ce n’est pas qui je suis. Je ne dis pas que je ne viendrai plus jamais chez toi. Mais si je viens, ce sera plutôt pour me rappeler les bons souvenirs. Je viendrai peut-être « comme j’étais », sans doute « comme ils sont », mais résolument pas « comme je suis ». En tous cas, pas « comme je veux être ».

Et s’il te plaît, arrête de donner des ordres aux gens ! Tu sais quoi ? La prochaine fois, si tu as envie de me voir, au lieu de louer un panneau d’affichage en 4 par 3 pour me dire « Venez comme vous êtes »,  fais comme tout le monde : envoie-moi un SMS, prends des nouvelles, dis-moi que ça te ferait plaisir de me voir, en souvenir du bon vieux temps. Ce jour-là, peut-être que je te répondrai différemment.

Prends soin de toi et des tiens Ronald, je sais que la période est difficile, même pour toi. 


La loi du business (Alain)

J’accuse réception de votre courrier me proposant une place d’agent immobilier pour être opérationnel, dans la zone rurale englobant l’est d’Angers. 

Lors de ma journée d’essai en votre agence, j’ai pu constater des pratiques en contradiction avec ma conception du travail. Pour moi il y a un minimum d’éthique à respecter.  

Concernant les photos des biens à vendre, à titre d’exemple, je citerai la disparition, grâce à photoshop d’une citerne à gaz devant la maison d’un lieu-dit…

Dans une annonce vous restez très flou sur le fait qu’une maison est en son milieu, séparée en deux parties, dont l’une fait encore l’objet d’un litige…

Pour vous, persuader une personne d’acheter un certain bien est un jeu. Souvent les acheteurs se sont sacrifiés des années, pour avoir un bien qui représente au moins une partie de leurs rêves. S’ils réalisent quelque mois après une acquisition que les travaux à effectuer sont largement supérieurs à ce que vous leur avez fait miroiter, ce n’est plus votre problème… 

De plus votre expression : « Toujours garder la main », dans les discussions, si je la comprends sur un plan commercial, peut rouler les gens ayant peu de répondant !

Je ne rentrerai pas plus dans les détails, entre autres, sur votre comportement peu humain. Je sais, c’est la loi du business !

Je suis donc dans l’obligation de décliner votre offre d’emploi.

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