Défi "confinés inspirés"

Défi J15 : La Chose (2/3)

Petit accessoire ou machine du quotidien, quel est l’objet que vous utilisez tous les jours ? Ce bidule qui ne vous quitte jamais… 
Avec les textes d’Alain, Françoise, Margaux et Isabelle.

Photo : Free photos


Ma chose (Alain)

Jusqu’à l’âge de 11 ans à l’école primaire, pour écrire, j’utilisais un porte-plume. J’ai découvert le stylo-plume lors de mon entrée en sixième au collège à Nantes à l’EDEN (EDEN ? Externat des Enfants Nantais !).

Il a fallu que je m’équipe, je ne connaissais pas du tout cette chose. J’ai, sans doute accompagné de mon père, opté pour un stylo à pompe.
Ce procédé m’obligeait à avoir en permanence dans mon cartable un encrier portable. 
Il fallait faire attention en manipulant ledit cartable pour éviter de casser la petite bouteille.
Je crois que c’est en cinquième que j’ai préféré acheter un stylo à cartouche, m’évitant ainsi bien des angoisses.

Maintenant j’écris peu, j’utilise toujours un stylo-encre pour la tenue de mes comptes et pour le peu de courrier personnel que je fais.

La période où j’ai le plus utilisé un stylo plume, était avant puis après le mariage. J’étais encore en Afrique. Avec Catherine c’était notre seul lien (no telephon !). Tous les deux ou trois jours, nous essayions d’échanger un courrier. 

Mon second beau-frère Pierre L. était dans la publicité. L’écriture était un de ses principaux hobby. En 1985, il a sorti un livre « Quand la publicité est aussi un roman ». Il est, comme on dit, passé chez Bernard Pivot. Mais le même jour, il y avait Jacques Attali présentant son dernier opus. Celui-ci a accaparé une bonne partie de l’émission, les autres écrivains étaient devenus des « faire valoir ».

Il écrivait toujours au stylo plume et en avait au moins cinq disons haut de gamme. J’ai essayé de récupérer un Mont-Blanc, en 2003, un an après son décès. Ma sœur m’a dit : « Je t’en laisserais volontiers un mais la succession est compliquée, même les stylos-plumes ont été répertoriés par un huissier ! ».
La succession ayant duré plus de dix ans, je ne sais pas ce qu’il est advenu de ces stylos…

Après avoir utilisé des Parker, depuis un certain temps j’utilise des Waterman, toujours avec de l’encre noire. Les deux derniers stylos commençaient à fatiguer.

*

Lors de mon voyage d’Avril 1979 en Chine, j’ai séjourné à Changcha (ville ou Mao Tse Toung a fait quelques études avant d’y être enseignant pendant environ cinq ans). C’était la troisième ville/étape de notre voyage.
A l’hôtel, revenant d’une visite d’une partie de la ville, j’ai constaté la disparition de mon stylo à plume. Je l’avais laissé sur la table de nuit. 
Je l’ai signalé à la guide de notre groupe, elle a dû en informer l’interprète nous accompagnant depuis notre arrivée à Pékin.
Disons que je l’avais passé en pertes et profits, comme dirait le comptable. 

Nous étions trois jours après à Kweiling (Guilin) où nous étions arrivés en voyageant tout une nuit en train/couchettes.
Notre guide est venu à ma rencontre et à ma grande surprise, m’a remis mon stylo.
Elle m’a précisé : « Tu ne dis rien, même (surtout) pas de remerciements… ».

Je crois que dans aucun autre endroit au monde ce cas de figure aurait pu se présenter…
Je n’ose imaginer les sanctions contre le coupable de ce larcin, s’il y en a eu… !


Avec moi chaque jour que Dieu fait (Françoise S.)

Il est là avec moi chaque jour que Dieu fait.
Jamais je n’oublie de l’emporter avec moi.

Mon addiction à cette « chose » a commencé dès mon plus jeune âge : je me posais toujours dans un coin avec lui, à la surprise de la famille, au lieu de jouer avec frère, sœur ou cousins. 
Bien sûr que je jouais aussi avec frère sœur ou cousins !
Mais j’avais toujours besoin d’un moment rien que pour moi, un moment pour m’isoler d’une part, et rêver d’autre part.

Vous l’avez sûrement deviné, cette « chose » c’est un livre.

Je ne peux pas imaginer ma vie sans livres : j’en ai toujours un en cours depuis mes 4 ans, âge où j’ai appris à lire en regardant mon frère (en CP) faire ses devoirs.
Jeune enfant, j’avais le droit d’aller seule à la bibliothèque du quartier : j’y ai écumé la Bibliothèque Rose, puis la Verte, puis la Rouge et Or. 
Il ne restait alors plus que le rayon « adulte ».

J’ai alors trouvé un livre que je trouvais attrayant par sa couverture : la voici.

J’aimais lire des histoires parlant d’autres enfants, vivant dans d’autres régions ou pays…. Ainsi, j’avais lu une histoire d’amour impossible entre deux enfants vivant au Cachemire, l’un étant hindou et l’autre musulman : je me suis alors plongée dans l’encyclopédie familiale en plusieurs volumes pour savoir où se trouvait ce pays et pourquoi ces enfants ne pouvaient pas s’aimer.

Autant vous dire que je n’ai pas pu aller au-delà de quelques pages dans la lecture de ce pavé ! Et qu’il ne racontait nullement l’histoire de l’enfant de couverture !

Dans ma naïveté enfantine, qui m’est restée, la couverture est le reflet de l’histoire que contient le livre. C’est souvent vrai mais pas toujours.

Mais de livres, je ne peux pas me passer : j’en ai toujours un en cours, que j’emmène dans mes déplacements qui durent plus d’une journée.
Si je pars plus de 3 jours, je peux emmener plusieurs livres.
Les livres m’apprennent, me construisent, me libèrent, me font m’évader, me font rêver… Ils sont ma référence quand je dois en apprendre plus sur quelque chose.

Je peux me passer de mon téléphone, d’Internet mais pas de livres.


Mon appareil photo (Margaux)

Engin futile
Subtil et indélébile
Qui immortalise
Tant de souvenirs
Pour nous éblouir
Et adoucir nos vieux jours

Photos couleurs
Intemporelles
Lueurs d’un jour
D’un Amour
D’une Amitié
Gravée dans le papier

Lumières phosphorescentes
Eblouissantes
Tons chaleureux
De paysages somptueux
Tu captes tout cela
Instants délicats
Et fugaces

Une fleur, un insecte
La nature à l’état pur
Tu captes rires et sourires
Fantaisie de la vie
Partout où j’irai
Je t’emporterai
Dans la joie


Clic ! Mon deuxième cerveau !
(Isabelle)

Quel est donc cet objet dont il impossible de se passer, au point d’être l’unique à emmener toujours  et partout avec moi ?

Ce ne sont pas mes lunettes, ni ma lampe torche, encore moins mon opinel.

Ce n’est pas non plus mon sac-à-main, mon porte-monnaie ou mon nécessaire à toilette. 

Je peux me passer de mon vélo, de mon auto et de mon chapeau.

Egalement de mes bouquins et de tout un tas de machins…

Mais l’objet magique que je dois toujours avoir avec moi est mon précieux Clic !

Oh, j’entends d’ici quelques grincheux prétendre que je suis l’accro du Clic, son esclave, privilégiant l’objet à son prochain.

Mais oui ! Je suis l’accro et je le revendique haut et fort !

Mais dites-moi ? Quel autre outil plus fantastique offre autant de possibilités d’un simple clic ?

Un clic et je gagne ma vie grâce à la mise en relation avec autrui, de jour comme de nuit ! J’enregistre, je planifie, je calcule et j’encaisse !

Un autre clic et je communiquer avec proches, je leur souris sur écran, quand leur rendre visite et les embrasser me devient interdit !

Clic ! Et grâce aux tutoriels, je deviens experte pour fabriquer ou réparer  ceci, cela et plus encore !

Re-clic et je me muscle ou je m’apaise, en compagnie de mon coach personnel…

Clic ! Clic ! Clic ! Je  m’instruis, me distrais, me cultive et m’informe avec tous les médias qu’il me donne à consulter ? 

Clic ! L’agenda stocke ce que ma mémoire a oublié !

Clic ! Mon ami GPS m’aide à sortir du bois avant d’être dévorée par les loups !

Clic ! Mon traducteur me tire d’affaire dans une ville étrangère !

Clic et la serrure s’éclaire quand je rentre à la nuit noire, complètement noire…

Clic ! Clic ! Clic ! Clic ! Clic ! Clic !…….Clic !…………. Et vous voudriez que je résiste à son appel ? 

Non ! Triple fois non ! Clic est mon deuxième cerveau et double ainsi mes capacités…

Qu’attendez-vous pour vous convertir ?

2 Comment

  1. Pour Françoise
    Je pense que je vais désobéir au confinement!!!
    Le bouquin évoqué par Françoise: quand la Chine s’éveillera je le cherche depuis des années!!!!
    Brigitte

    1. Bonjour Brigitte,
      En recherchant une image de ce livre sur Google, j’ai cru comprendre qu’il a été ré-édité sous un autre titre, ou sous-titre…. Si vous cherchez vous retrouverez cette trace, même sur Google !!!
      Ceci dit, j’étais à l’école primaire à l’époque racontée et je ne l’ai toujours pas lu.
      Peut-être devrais-je m’y mettre maintenant ?
      Françoise S.

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