Défi "confinés inspirés"

Défi J2 : La liste de mes rires (3)

Du sourire au fou-rire, c’est si bon de rappeler à soi ce qui nous a tordu les joues et les abdominaux ! Tendre ou plein de larmes, ça fait tellement de bien d’esquisser un sourire… On essaie ?
Avec les textes de Joëlle, Michèle et Margaux.

Photo :

Enfance – Adolescence (Joëlle)

Leur enfance
Ma fille découvre l’expression : « je compte sur toi » et me dit :
« Maman, je compte sur toi, 1,2,3,4,5.. »

Mon fils va à l’école primaire Bernard Palissy de La Rochelle, et lit un texte sur cet homme célèbre qui a donné son nom à son école :

À partir de 1530, cet autodidacte étudie la technique de cuisson des émaux. « Peintre sur verre et faïence », un métier appris auprès de son père, il compose de nombreux vitraux.
Qui ne connaît l’histoire de Palissy, à court de bois, brûlant ses tables et son plancher pour y parvenir ?
C’est en 1555, après une vingtaine d’années d’épreuves physiques et morales, endurant les reproches de sa femme et les moqueries de ses voisins, qu’il peut couvrir ses poteries d’un émail jaspé : le seul qui fasse le vrai mérite de ses ouvrages de terre.

Et là le regard de mon fils Guillaume s’illumine, et il s’écrie : c’est lui qui a inventé les emails ???
Non ! L’« émail » mon fils, pas les emails !
Un accent peut changer la signification des choses !! J’ai tellement ri !

Mon adolescence

Nous voici en ce mois de juillet sur la route des vacances, avec mes parents, nous faisons halte dans un petit restaurant. Il fait chaud, et mes parents commandent une bouteille de rosé… bien fraîche.
Je suis autorisée à goûter un peu de ce liquide rosé et frais. Hum ! c’est bon. Le repas s’éternise…
Nous voici au dessert, et là, je trouve la journée de plus en plus belle.
Je souhaite aller aux toilettes, elles sont à l’étage du restaurant. Et là le rire m’envahit, sans raison, je ris, je rigole, je suis hilare !
C’est un escalier en colimaçon, étroit, j’ai chaud, je commence l’ascension, c’est dur ! 
Mon père me regarde avec un œil noir, car je ris à gorge déployée, il demande à ma mère de m’accompagner, et nous voilà toutes les deux dans l’escalier, euphoriques !
Le rire communicatif fait que ma mère est aussi écroulée de rire dans cet escalier qui devient de plus en plus haut…

Bref quelle rigolade ! Cinquante ans après je m’en souviens encore… 
Mais que ce rosé était gouleyant… (à consommer avec modération…)


Fou-rire dans une voiture (Michèle)

Il fait très beau ce matin. Je vais déjeuner avec trois de mes fils. C’est réconfortant d’être près d’eux et d’avoir leur attention une après-midi entière. C’est le bon côté d’un anniversaire. Être l’objet de toutes les attentions.

Je demande à mon fils Erwan qui est venu me rejoindre dans la petite maison des bois si je fais vieille. Il me regarde ahuri. Mais non, voyons, me dit-il, tu es très bien… peut-être un peu de rouge à lèvres pour avoir bonne mine… Mais c’est tout !
Romain, mon fils aîné est arrivé avec son nouveau 4X4. Il avait oublié que j’étais dans la petite maison et il s’est pointé directement à Vélizy. Je m’attendais donc à une humeur massacrante mais non, tout sourire et bronzé, il rentre de vacances de la Palmyre. Il me dit que cela lui a permis de tester sa nouvelle voiture. Tout de suite, en montant dans la voiture à côté de lui, il m’explique que le siège passager avant est climatisé. Je me mets à rire, le remerciant de sa délicate attention pour mon postérieur qui va être au frais !
Romain ne roule pas très vite. Il voit que j’apprécie de traverser la forêt par monts et par vaux jusqu’au hameau de Maincourt qui longe l’Yvette. Il n’y a que des maisons anciennes en pierre qui brillent au soleil. Nous traversons la départementale pour rejoindre le château de Dampierre. En voyant cette demeure, je m’extasie sur ce beau paysage. Romain m’annonce qu’il a été vendu et racheté pour exploiter le tourisme dans la région. Je lui raconte que je suis allée à une réunion à Voisins le Bretonneux et que j’ai été horrifiée par le futur projet d’aménagement qui, à mon sens, va détruire les petits villages aux alentours et que s’il le faut je vais m’ engager pour lancer une pétition pour contrer ce projet pharaonique de tourisme. Romain, tout en conduisant tranquillement et en regardant droit devant lui me dit qu’il faut arrêter de tout vouloir revendiquer, contrer.. Vous, les gens de gauche, vous êtes terribles ! Cela va faire vivre la région !

Je le regarde, interloquée. Je le retrouve comme il est, toujours provocateur.

– Je ne suis pas de gauche, qu’est-ce que tu me racontes… L’année où Hollande s’est présenté, j’ai voté pour Dupont-Aignan…
– Quoi ? Non.. tu n’as pas fait ça ? Mamannnnnnnnn!!!
– Un royaliste, c’était mieux, plus de panache !

Grand éclat de rire d’Erwan, qui me dit que Dupont Aignan c’est la même chose que le FN !

– N’importe quoi.. Arrête.. tu me fais trop rire.. Pitié, ne me fais pas mourir le jour de mon anniversaire… Il a fait très peu en pourcentage pour les présidentielles, dis-je. Mais j’étais contente de voter pour lui à l’époque. C’était ma petite révolution à moi… Transgresser… Bref, vous imaginez s’il avait été élu ? Un président royaliste…

Erwan, de son humour grinçant, nous lance sur un ton lugubre que des têtes seraient tombées !
On se met tous les trois à rire bruyamment et Romain klaxonne joyeusement sur la route déserte.

Le calme revenu, Romain reprend la conversation :
– Mais pour revenir à Dampierre, t’inquiète pas maman, on lance le pire et après on adapte en tenant compte des oppositions.
– C’est vrai. C’est ce qui se passe souvent, comme par exemple le tracé de la ligne d’un TGV, cela n’a plus rien à voir avec le projet initial et tout le monde après approuve avec l’impression d’avoir gagné une lutte.. Tu te souviens du tracé du TGV à Tournan.. Rien à voir avec la finalité du projet. Dieu que l’on a eu peur pour nos forêts.
– Alors que tout était déjà prévu depuis le début !!
– Bon, ça va, ça va pas de pétition.. pour cette fois ! Dis-je en grimaçant 
Mes deux loustics se mettent à rire en disant “ouf” !
Je pouffe à mon tour et nous rions encore en arrivant à destination. 

Mes deux garçons me regardent. La joie mais aussi la fierté de m’avoir fait rire se lisent sur leur visage. Josselin mon troisième fils arrive et m’enlace dans ses bras.
Je suis heureuse.


Le sourire et le rire (Margaux)

Le sourire produit beaucoup et ne coûte rien. C’est vrai !

Les blagues des copains et copines font sourire. Lorsque mon mari parle anglais, cela me fait sourire car il déforme les mots.
Mon petit-fils est marrant aussi, il rit à gorge déployée quand je lui fais des guilli, quand on s’amuse à se courir après ou bien à se cacher.
Lorsque mes enfants sont heureux, cela me fait sourire, pareil pour mon mari, mes amis et mes beaux-enfants. L’humour ou les vidéos marrantes, c’est sympa.

Les fous-rires font du bien.
Mes filles étaient pliées de rire lorsque je suis tombée et que j’ai craqué la balançoire. C’est curieux, cela fait toujours rire lorsque quelqu’un se casse la margoulette et on peut dire que cela m’arrive souvent. Une fois, j’ai même fait un roulé-boulé du galetas. Comme j’en sors toujours indemne, tout le monde rit.

Un autre rire aussi avec ma mère. 

Ma fille, à trois mois, riait aux éclats et cela nous faisait beaucoup rire.

Au ping-pong, lorsque je suis exaltée, je ne me retiens plus et j’ai un rire de casserole. Une fois une fille a été obligée d’aller aux toilettes tellement elle n’en pouvait plus de rire.
A l’atelier d’écriture, lorsqu’une fille avait rédigé un écrit sur le bonheur un peu conte de fée, cui-cui, les petits oiseaux, elle en riait elle-même. C’était tellement naïf et candide que l’on avait bien pouffé de rire.

Et puis, les émotions, la fatigue, la dérision… Souvent dans le service où je travaillais, à l’hôpital, je faisais rire les filles et l’on s’éclatait. Et puis ne dit-on pas que cela vaut un « beefsteack » ?


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