Défi "confinés inspirés"

Défi J2 : La liste de mes rires (1)

Du sourire au fou-rire, c’est si bon de rappeler à soi ce qui nous a tordu les joues et les abdominaux ! Tendre ou plein de larmes, ça fait tellement de bien d’esquisser un sourire… On essaie ?
Les textes d’Anne-Marie, Alain et Isabelle vous y invitent !

Photo : Markus Distelrath

Du rire aux larmes et vice versa (Anne-marie)

Du rire aux larmes dit-on souvent, quel plaisir ! C’est ce qui fait le sel de la vie.
On surmonte difficilement les affres de la vie sans le sourire, la joie des rires.
Souvent, j’ai constaté que mon envie de rire se produisait dans les moments difficiles, voire même tragiques, quand rien ne nous permettait de maitriser la situation.
Mais quel bonheur de retrouver une certaine sérénité.

Je me souviens particulièrement d’une soirée en famille.

J’avais 13, 14 ans, c’était un soir lugubre où les huissiers avaient enlevé tous les meubles de la maison.
Mes parents, ma sœur, mon frère et moi avons commencé à nous regarder avec étonnement.
Nos interrogations, à nous les enfants, ne semblaient pas inquiéter les parents.
On ne savait pas comment réagir.
Le tableau de notre intérieur reste à jamais gravé : plus de meuble, une chaise par personne, une table, un lit chacun et rien d’autre. 
Comment faire, que dire ?!
A force de silences très pesants, il nous a pris une crise de fou-rire incontrôlable.
Nos abdominaux nous faisaient souffrir et pourtant il n’y avait rien de drôle.
Peut-être le seul fait d’être tous là, ensemble, en bonne santé.

Tout reflétait l’amour que nous partagions.Une constatation que le rire est un remède bien efficace qui remet les choses à leur place et qui nous oblige à nous recentrer, à réfléchir aux vraies valeurs.


Sourires(s) / Rire(s) (Alain)

Pour une petite aventure m’ayant fait sourire, allons à San Pedro. Un matin je sors de chez moi… (Cf. : Gilbert Bécaud « le Petit Oiseau de Toutes les Couleurs »!).

Sur le parking de notre immeuble SEPBA (Sté d’Exploitation des Parcs à Bois d’Abidjan), je constate que contrairement au petit oiseau de la chanson, mon véhicule de société, n’était pas là. C’était une magnifique 4L, montée en kit à Abidjan par une filiale de Renaud.
Je questionne les deux gardiens, normalement en poste, au bas de notre immeuble. « Non, on n’a rien remarqué ». 
Par contre, inhabituel, une 4L de la même couleur que la mienne est stationnée un peu plus loin sur le parking. Je fais une tentative avec ma clé, la portière s’ouvre et à suivre avec la même clé, j’arrive à la démarrer… 
Je me rends au bureau et commence mon enquête. Au bout d’un moment j’apprends qu’un employé de « Delmas » (la compagnie maritime), logeant également à l’immeuble SEPBA, a reçu la veille au soir un officier d’un navire Delmas, actuellement au port.
Le temps de l’escale à San Pedro, une 4L lui a été prêtée.
Je commence à échafauder un scénario. Cette personne, en quittant notre parking hier au soir, peut-être, après quelques libations…est repartie dans mon véhicule, sans s’en rendre compte. Puisque ma clé fonctionne avec la sienne, la réciproque doit être vraie.
Je suis allé sur le port. J’ai bien retrouvé mon véhicule, correctement stationné. Je l’ai récupéré et ai laissé l’autre à sa place.

Épilogue : le navire Delmas étant parti plus tard dans la journée, l’officier n’a sans doute jamais su qu’il avait involontairement procédé à un échange de voitures ! 


La recette des anguilles, à la mode Isabelle ! (Isabelle)

Il était une fois dans ma toute petite cuisine de ma toute petite maison, un ami (enfin ! Un ami… façon de parler !) qui nous fit cadeau, ravi, d’un lot d’anguilles pêchées l’après-midi même.
Au fond du seau, quatre gros serpents luisants se contorsionnaient à la recherche d’une issue. Je tordis du nez, pas plus flattée que cela d’avoir été l’heureuse destinataire d’un tel présent. Sitôt la porte refermée, j’ai quémandé l’aide de ma moitié pour trucider les gluantes bestioles, mais il me fit comprendre qu’ayant le cœur sensible, je n’avais qu’à m’y atteler toute seule… Mais dès que je voulus en attraper une, elle s’enroula autour de mon poignet me faisant sauter trois mètres en arrière, tel un diable hors de sa boîte. J’ai donc abandonné l’idée, attrapé le seau et vidé cette pêche miraculeuse au fond du réfrigérateur, claqué la porte et laissé agir. 

Oh, je vous entends d’ici. 
Quoi ? Les anguilles vivantes au frigo ? 
Et ben oui ! J’aurais voulu vous y voir vous ! Quatre anguilles, au fond d’un seau, un mari incapable de rien et deux marmots de cinq ans en train de vous tourner autour en braillant comme des veaux ! Faut savoir prendre les bonnes décisions, non ?

Le lendemain soir, j’ai convoqué ma bande de bras cassés pour m’aider à cuisiner les anguilles réfrigérées. La grosse bassine remplie d’eau bouillante, et j’ai distribué à chacun sa mission : moi la courageuse, censée jeter les bêtes réfrigérées mais plus très vivaces au fond de la gamelle. Ma moitié, très peureuse, se tenant prête à poser immédiatement le couvercle, et les deux loupiots priés de se reculer et de ne pas m’emm…er.

Ainsi fut fait et… fut raté. La plus grosse anguille, tout-à-coup ravigotée par l’eau chaude, prit le mari de vitesse, et ressortit illico du récipient pour venir se dresser à moitié pelée le long de la gazinière. 

Imaginez un instant, je vous prie, le tableau :
Un mari paniqué réfugié au fond du salon avec, toujours, son couvercle à la main
– Deux gamins hurlant comme des perdus me disant : « Ze le dirai à la maîtresse comment tu tues les sardines… »
– Et moi dans la cuisine, fidèle au poste, tentant de récupérer la créature se tortillant comme une pieuvre, venant se frotter au contact de la flamme, y laissant des lambeaux de peau, se redressant le long du mur, y laissant des traces de sang, retombant encore dans l’eau bouillante et en ressortant à nouveau. Bref ! Cauchemar en cuisine !!!

Je ne me souviens plus comment, mais j’ai finalement gagné la partie. J’ai réussi à remettre chacun dans sa case : les anguilles dans le faitout, le mari au nettoyage et les gamins devant leur assiette. Et pour finir… personne n’a osé manger les anguilles car plus personne n’avait d’appétit.
Elles ont terminé à la poubelle… Priez pour elles !


1 Comment

  1. la recette des anguilles d’Isabelle m’a fait beaucoup rire!

    J’ai vécu un peu la même chose avec des civelles, on en a retrouvées le soir dans la chambre!…

    Bravo à tous
    Joëlle

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