Défi "confinés inspirés"

Défi J20 : L’acrostiche (1/3)

Ou comment aborder d’une manière détournée ce qui nous manque aujourd’hui…
En ces moments où les proches, les passions et les moyens d’évasion sont hors de portée, on passe un message codé ? Tout repose sur l’exercice de l’acrostiche… 
Devinez l’objet des textes de Monique, Pierre, Françoise St G. et Marie S.

Photo : Daria Shevtsova


(Monique)

Elle est belle cette petite fille qui vient de naître
La tête pleine de cheveux bruns, mise à part une mèche claire
Image inoubliable dans la vie d’une maman.
Ses frères sont là près du berceau avec leur papa
Admiratifs ? Etonnés ? Contents d’avoir une petite soeur ?
Bien du temps a passé, tu vas avoir 40 ans
Et maintenant à ton tour tu es maman
Tu as deux enfants charmants
Heureuse, comblée avec eux et leur papa.


(Pierre)

Avec toi ma belle, j’étais à l’époque plus qu’heureux, rassuré,
Dès que j’avais le matin bu mon bol de café,
Il n’y avait en effet plus rien d’autre qui comptait,
Et c’est avec vrai plaisir que je pouvais enfin te savourer !
Un peu plus chaque jour tu venais progressivement m’intoxiquer

Mais contre toi pourtant je ne pouvais lutter
Alors un jour fatal, à force de tant tousser

Comme un homme fatigué, à la dérive, je me suis décidé
Il devenait urgent d’agir à présent avant de succomber
Gorge et poumons étaient irrités et infectés
Alors avec le précieux concours du conjoint, des parents
Renoncer à mon vice était l’important du moment
Et l’occasion providentielle est venue avec une parotidectomie
Toute une abstinence a remplacé ce besoin inassouvi
Tous les jours pour me priver je me suis battu sans cesse
Et enfin aujourd’hui j’ai dompté ma maîtresse.


(Françoise St G.)

Perles de mon cœur confiné
Étoiles de mes nuits éveillées
Trésors de ma vie en retrait
Il n’est plus temps d’être cloîtrées.
Tout en douceur et gentillesse
Emma, Mélodie, mes princesses
Sans vous, le temps s’éternise

C’est trop pour une insoumise.
Heureux souvenirs de câlins
Et de larges sourires mutins
Rien ne vaut votre tendresse
Ici, maintenant, sans cesse.
Et quand enfin je vous verrai
Surtout, surtout, ne pas pleurer !

À Emma 1 an et Mélodie 15 mois


(Marie S.)

Mais que se passe-t-il ? Que lui est-il arrivé ?
Avec elle, je m’étais déjà battue, c’est vrai.

Les jours passent et je me sens de plus en plus démunie, comme nue.
Inlassablement tout me rappelle son absence.
Balades avec mes chiens sur la plage, seule ou accompagnée ?
Est-ce que je ne vais pas le payer ?
Rien ne peut la remplacer ; on dit qu’elle n’a pas de prix, d’ailleurs.
Tout est si différent depuis que l’on me l’a enlevée.
Et si je ne la retrouvais pas, si on me la restituait grignotée ?

1 Comment

  1. Marie, ton texte sur la liberté me touche et j’ai la crainte aussi de ne plus la retrouver dans mon cœur comme avant. Mon regard sur le monde subit une transformation et je bouge aussi, Alors la notion de liberté aura une autre saveur, En tous les cas encore plus précieuse.
    Monique avec Elisabeth et Françoise avec Petites Chéries, je vous souhaite des retrouvailles à la hauteur de votre manque. Je ne connais pas encore cette dimension d’être grand-mère et j’espère que je vivrais cette expérience un jour.
    Pierre avec cigarette, je suis touchée par ton récit et ton courage d’avoir arrêté et surtout de partager ton vécu. Merci pour ton partage

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