liberté de l'homme
écrire son autobiographie

Faut-il s’autocensurer dans son autobiographie ? (2/2 : ce qu’on gagne à se lâcher)

Que vaut-il mieux taire dans son autobiographie ? Dois-je éviter les questions qui risquent de prêter à controverse parmi mes lecteurs ?

Après en avoir fait appel à la prudence dans la première partie de cet article, ici, je me fais aujourd’hui l’avocat, non pas du diable, mais de votre liberté d’expression et de création !

Pourquoi vous ne devez pas vous imposer de barrière lorsque vous écrivez !

– Parce que ce livre est l’occasion de donner votre version des faits.

Et que les opportunités d’exprimer ce qu’on a vu, pensé et ressenti sont finalement suffisamment rares pour ne pas en rajouter… L’exercice d’écrire ses souvenirs possède une vertu cathartique, même si ce n’est pas l’effet que vous recherchez. Raconter ce qu’on a vécu libère, répare, réconcilie.

Quelqu’un vous a fait souffrir ? Ce n’était peut-être pas volontaire, certes. Mais le fait est que vous avez éprouvé de la peine ou de la honte, ou je ne sais quelle émotion négative. Vous pouvez bien sûr l’évoquer, décrire et analyser la situation. Je vous dirais même volontiers que c’est le moment ! Après tout, la question ne se pose pas lorsque, à l’inverse, une personne ou un événement vous a aidé ou rempli de joie.

L’autobiographie est avant tout le terrain de la sincérité : soyez honnête, n’inventez rien, ne dissimulez pas non plus la vérité.

– Parce que votre lecteur a envie de savoir.

Rappelons encore une fois la place centrale du lecteur dans votre création. Si vous vous imposez trop de barrières, que vous gardez délibérément beaucoup de sujets tabous (vous avez néanmoins le droit de protéger votre jardin secret, rassurez-vous !), votre lecteur risque de se sentir frustré…

Car vous resterez à la surface des choses et que ce que lui attend, c’est une exploration profonde et intime de qui vous êtes réellement.

J’ai coutume de poser des questions assez indiscrètes en atelier… Je n’insiste pas si les participants ne souhaitent pas s’exprimer sur ces sujets, mais je justifie ma curiosité : « Voici ce que j’aimerais savoir de mes parents et grands-parents, même si je n’oserais jamais leur demander franchement ».

Interpelez vos lecteurs, informez-les des événements et des sentiments qui ont pu transformer votre vie. Et, par ricochets, peut-être même la leur.

Combattez votre timidité ou vos excès de pudeur en vous rappelant que beaucoup ont vécu ou pensé la même chose que vous.

Un exemple ? Les jeunes femmes et l’éducation sexuelle… Pas facile à aborder me direz-vous… Pourtant, au fil des témoignages recueillis, j’ai pu mesurer à quel point l’ignorance des jeunes filles, dans les années 50 et 60 notamment, avait impacté leurs destinées. Et le devenir de leurs familles…

– Parce que c’est VOTRE livre !

Nous avons vu qu’il existait certains « devoirs » pour l’auteur que vous êtes (vous savez, ce paragraphe sur la diffamation…). Mais qui dit « devoirs » dit aussi « droits » ! Vous portez la responsabilité de vos écrits, vous avez donc le droit à la liberté qui l’accompagne.

Créez, écrivez, exprimez-vous !

De toutes les écoles de patience et de lucidité, la création est la plus efficace.

Albert Camus

Votre livre vous appartient, vous êtes seul maître à bord. Il sera toujours temps, lorsque vous relirez votre texte, d’atténuer vos propos ou de supprimer certains passages. Mais dans un premier temps, livrez votre vérité pour tirer tout le profit de cet exercice.

 

En quelques mots : faites comme vous en avez envie et soyez vous-même !

Convaincus ? Lancez-vous !

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