Les Rêveurs
Lectures inspirantes

Les Rêveurs d’Isabelle Carré, la douceur âpre de l’enfance

J’ai lu ce livre, le premier “roman” de la comédienne Isabelle Carré, il y a plusieurs mois. Il m’en reste un petit goût acidulé sur la langue. Cette saveur particulière dont on ne sait si la douceur l’emporte sur l’amertume ; cette saveur qui pique un peu et provoque comme un frisson infime dans la mâchoire (vous voyez ?!).

Un joli roman autobiographique

Vous allez penser que je ne lis pas, puisque je n’ai pas parlé “lecture” depuis Annie Ernaux et ses splendides Années… Que nenni !

Mais j’avais placé la barre si haut avec cet ouvrage que l’enchainement m’a paru bien compliqué… Pas envie de vous présenter une oeuvre fade après cela ! J’ai alors repensé aux Rêveurs d’isabelle Carré

Ce livre, l’auteur a souhaité le classer dans la catégorie des romans, mais il retrace en grande partie l’enfance et l’adolescence de l’actrice dans les années 70. Isabelle Carré grandit au sein d’une famille un brin foutraque, élevée par des parents qui forment un couple bancal et dans une éducation tout sauf conventionnelle. A la maison, la fantaisie frôle sans cesse le dramatique et l’écriture avance élégamment sur un fil tranchant, entre le rire et une tristesse profonde et palpable.

Ce que je retiens des Rêveurs

Finalement, écrire sur ce texte bien après l’avoir lu possède quelques vertus… Je suis une lectrice compulsive par moments et lorsque cela ne m’a pas convaincue, j’oublie jusqu’au nom de l’auteur en moins de deux semaines…

Or, je me souviens de la légèreté de l’écriture, toute simple, presque toute nue, du livre. Et puis aussi, de quelques éléments qui m’ont plu et marquée :

  • les ellipses, élégantes et puissantes. L’auteur a laissé quelques zones d’ombre, évoquant certains épisodes sans toutefois les détailler, les expliquer outre-mesure (je pense à sa tentative de suicide, ainsi qu’à son emménagement seule, à 15 ans, dans un appartement). Et ces passages en creux résonnent peut-être encore plus fort que ce qui est dit haut et fort.
  • la sincérité du récit, ou du moins la cohérence entre le texte et son auteur. Isabelle Carré affirme que les gens ne la connaissent pas. Comme si ce récit allait représenter un pavé dans la mare, éclaboussant l’image lisse que nous nous serions faite de la comédienne. Pourtant, j’ai ressenti une grande concordance entre l’écriture et le personnage public. Ce livre me semble parfaitement refléter ce que dégage son auteur, ce qu’on devine. Une voix secrète, mais ardente.

Aussi, j’ai aimé lire Les Rêveurs, avec cette impression  qu’Isabelle Carré levait finalement un voile sur cette profondeur qu’on pressent chez elle, cette fêlure derrière ce visage lisse, quasi enfantin. Comme s’il nous était donné de comprendre l’origine de l’éclat d’inquiétude si particulier dans son regard. (Mais peut-être que je me fais des films, hein… !)

Vous l’avez lu ? Aimé ou pas ?

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